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6.5 idées reçues sur le rosé

Ah le rosé. Un vin souvent décrié, jugé, dévalorisé. Tout ce mépris est-il vraiment mérité? Pas si sûr. 

Dans cette article, vous allez découvrir 6.5 idées reçues totalement fausses (ou pas) sur le rosé. Parce qu’on va pas se mentir, un petit verre avec des glaçons l’été, ça rafraîchit !

Le rosé est un mélange de vins rouge et blanc

Non. Jamais… ou presque. 

Ah, je sais, vous vous avez lu la phrase et avez rapidement conclu que je vous prenais pour des billes avec cette question trop simple. Sauf que pas tellement. 

Un bon exemple de mélange rouge/blanc

En fait, cette idée de mélange est assez répandue, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Mais il faut savoir qu’en France (et dans l’Union Européenne d’ailleurs), il est interdit de mélanger du blanc et du rouge pour faire du rosé. Ou quoi que ce soit d’autres, d’ailleurs, comme l’a douloureusement appris l’union coopérative Vinovalie il y a quelques années.

Mais comme toute les règles, celle-ci à ses exceptions. En Espagne, on trouve par exemple le “Vino tinto de mezcla” qu’on peut traduire à peu près en “vin teinté de mélange” (non, tinto ne veut pas forcément dire rouge en espagnol…).

Même la France a sa petite exception, et non des moindres : la Champagne. En effet dans ce vignoble, il est possible de mélanger des vins blancs et rouge en cours d’élaboration (avant le seconde fermentation) pour faire du champagne rosé. 

Il faut quand même noter qu’ailleurs dans le monde (Afrique du Sud et Australie notamment), cette pratique du mélange est acceptée et très courante…

Les rosés sont tous les mêmes

Non. Comme n’importe quel vin rouge ou blanc, le rosé est le fruit d’un terroir et d’un (ou plusieurs) cépages. 

Chaque cépage possède ses propres caractéristiques, ses propres arômes, son propre potentiel. Même sans savoir les reconnaître, on peut différencier sans problème deux rosés issus respectivement du mourvèdre et du pinot gris. 

Pour le terroir, les possibilités sont plus vastes encore. Dans le mot terroir, on associe trois facteurs : le climat, le sol et le vigneron. Essayez donc de goûter tour à tour un rosé de grenache français (languedoc par exemple) et un du même cépage, mais provenant d’Espagne. 

Le rosé, c’est un vin de m*rde

Pas forcément, non. Ouais, je suis moins catégorique sur celle-là. Pourquoi?

Parce que malheureusement, il y a encore pas mal de producteurs qui utilisent leurs rosés comme une “poubelle à raisins noirs”. C’est à dire qu’ils utilisent pour le produire les récoltes noires peu qualitatives. 

Mais très franchement, ce n’est pas la tendance. Et la bonne nouvelle c’est qu’il est super facile pour vous d’éviter ce genre de bouteille. Vous êtes prêts pour le conseil redondant et relou : allez voir un caviste! 

Ça faisait longtemps que je l’avais pas placé, celui-là, je commençait à me sentir mal, pour tout vous dire. Non mais sans blague, ça vous fait une sacrée présélection. 

Sinon, il faut essayer de trouver des producteurs (nombreux) qui font leurs rosés dès le début du projet. C’est à dire que de la culture du raisin jusqu’à sa mise en bouteille, ils ont dans l’idée de faire du rosé. 

Le maître sommelier Jean-Michel Deluc (ancien chef sommelier au Ritz et professionnel de renom) a une phrase que j’aime beaucoup à ce sujet : 

Je juge souvent un domaine à la qualité de son rosé. Si celui-ci est bien fait, je n’ai aucun doute quant à la qualité du reste de la gamme.” 

Voilà. 

Plus c’est clair, meilleur c’est

Ventrebleu ! Bien sûr que non !

Je sais que la tendance est aux gris ultra clairs du sud, mais c’est pas une raison pour dénigrer les autres, hein !

Bon, plus sérieusement, il y a tout un spectre de couleurs possibles pour les rosés. Du plus clair des gris languedociens au très intense Tavel dans le Gard, il y en a pour tous les goûts. 

Et la couleur d’un rosé n’est en rien un indice sur sa qualité. Tavel dont je parlais plus haut et Lirac sont deux exemple d’excellentes appellations de vin rosé intense. 

C’est pas un beau rosé, ça?

 Le rosé, ça se boit tout de suite

Vous avez déjà essayé? Non, sérieusement, vous avez déjà essayé de garder une bouteille de rosé quelques temps?

Je ne vous parle pas d’oublier une quille pendant vingt ans en cave. Mais les rosés sont aujourd’hui vendus très rapidement après leur élaboration. Trop rapidement. 

Imaginez que vous achetez un avocat (le fruit, hein…) juste cueilli. Si vous le mangez tout de suite, vous savez qu’il sera fade, légèrement astringent, bref, pas bon.

Alors que si vous le laissez quelques jours dans la panière à fruits avec des bananes et des pommes, il va mûrir et révéler toutes ses saveurs (oui, les bananes et les pommes aident spécifiquement, c’est une affaire d’éthylène dégagé. De rien pour l’astuce! ).

C’est pareil pour le rosé : laissez-lui le temps de s’ouvrir, vous ne serez pas déçu ! 

Si vous avez un doute sur la durée idéale, je conseille souvent de garder les bouteilles entre trois et six mois. C’est déjà une bonne base. Oui mais…

En tout cas, le rosé ne se garde pas longtemps en cave

Bah en fait ça dépend des rosés. Oui, certains rosés peuvent être gardé plus de 10 ans en cave. Lesquels? 

Déjà, qu’est-ce qui fait un vin de garde? Deux possibilités :  

  • Une structure tannique importante comme pour les vins du médoc dominés par le très tannique cabernet sauvignon
  • Une acidité soutenue. C’est le cas des grands pinot noir de Bourgogne. 

Peut-on retrouver ces caractéristiques dans un rosé? 

Et oui. L’acidité, c’est assez régulier. Les tannins, c’est moins évident. Mais on peut en avoir un peu (jamais en grande quantité cependant) selon le cépage vinifié.

Quel rosé garder en cave?

Quand on parle de rosé apte au vieillissement, il y a une appellation qui revient très souvent chez les professionnels : Bandol. Et pour cause, avec le mourvèdre comme cépage majoritaire, voire unique, ils possèdent en effet un bon potentiel de garde

Bandol, une valeur sûre pour des rosés à faire vieillir

Mais si Bandol est une valeur sûre, je vous conseillerai aussi de fouiller dans d’autres régions productrice de grands rosé. 

En Loire, par exemple, avec l’appellation Cabernet d’Anjou . Si le cabernet sauvignon vieillit bien en rouge, aucune raison qu’il en soit autrement en rosé. 

Certains rosés du Languedoc sont aussi d’excellents vins de garde. Essayez donc sur des Corbières ou Minervois par exemple, dans lesquels le Lledoner Pelut (un cépage ibérique) peut être majoritaire et apporter une grande capacité de développement dans le temps. 

Enfin, même si ce n’est pas leur produit phare historiquement, on commence à voir émerger des Bordeaux rosés ultra qualitatifs qui peuvent tout à fait rester une décennie en cave. Il faut fouiller un peu, par contre. Dans les rosés de Bordeaux – pour paraphraser Corbin – “l”homme est capable du meilleur comme du pire, mais c’est vraiment dans le pire qu’il est le meilleur”!

Le rosé est un vin comme les autres

Voilà où je voulais en venir. Le rosé n’est pas différent du rouge ou du blanc. On peut trouver de grandes bouteilles, et aussi d’infâmes piquettes. 

Vous dites quand ça fait trop rose, hein?

C’est valable pour le rosé. C’est valable pour le rouge, pour le blanc. 

C’est valable pour les bordeaux, les bourgognes. 

Pour les côtes du rhône, les alsaces, les provences, les languedocs, les champagnes. 

C’est valable pour les vins d’appellations, les vins de pays. 

Pour les vins français, les étatsuniens, les chilien, les allemands, les australiens, les sud africains. 

C’est valable pour les vins bios, et les conventionnels, les vins naturels et les vins S.A.I.N.S.

C’est toujours la même chose avec le vin. C’est à vous de chercher, et surtout de trouver ce que vous aimez. 

Bonne dégustation(s) !

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