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Mon defi : premier retour

Le ton de cet article sera bien plus neutre qu’à mon habitude. En effet, je m’efforce d’être le plus neutre possible pour rendre une image fidèle et complète possible de mon expérience de formation WSET. La version vidéo sera bientôt disponible pour ceux qui préfèrent. Promis, un autre article plus classique arrive très bientôt… Bonne lecture !

Au commencement de ce blog, je me suis lancé un défi. J’avais pris la décision de passer les examens des niveaux 1, 2 et 3 du diplôme WSET, référence des qualifications en connaissance du vin dans le monde.

Cette semaine, j’ai passé quatre jours à Paris afin de suivre les formations et passer les examens correspondant au niveaux 1 et 2. Cet article sera un compte rendu de cette expérience, s’adressant notamment – mais pas uniquement – au personnes éventuellement intéressées par ce cursus.

En préambule

Pour ceux qui ne connaîtrait pas cette institution (ce qui ne serait pas surprenant, elle n’est pas très connue du grand public), le Wine & Spirit Education Trust est une organisation internationale basée à Londres proposant des formations et examens dans le domaine du vin, des spiritueux et du saké. Fondé en 1969, l’institution est considérée aujourd’hui comme l’un des principaux fournisseurs d’enseignement sur le vin à travers le monde. Oui, je sais, moi aussi j’ai bloqué en voyant des Britanniques donner des cours d’œnologie…

Logo du WSET

Mais rassurez-vous, c’est bien dans notre bonne vieille France que j’ai suivi les formations qui m’ont mené aux examens de certifications WSET niveaux 1 et 2. Je me suis pour ça adressé à l’un (nombreux) des centres de formations agréés en France, la Butler Academy de Paris.

La formation se déroulant sur quatre jours (un pour le niveau 1 et trois pour le 2), j’ai donc passé la semaine complète dans notre belle capitale, expérience au combien éprouvante pour le provincial campagnard que je suis. Mais revenons à nos moutons, c’est à dire…

Mon approche du WSET

Il faut tout d’abord noter que je suis sommelier de formation. Alors, non, je ne suis titulaire d’aucun diplôme dans la discipline (c’est bien la raison principale de mon envie d’obtenir le WSET). Ma formation théorique se limite à un CQP de Service avec Option Sommellerie (à noter que l’on pourrait aisément inverser le service et la sommellerie dans cet intitulé, au vu du contenu de la formation).

J’ai cependant passé quelques années en restauration, acquis une connaissance correcte des vins français (précision importante) et développé un certain goût pour la dégustation et l’analyse de ces derniers.

C’est donc avec un certain bagage que je me suis inscrit à ces formations. L’étude des documents (Study Set) fournis en amont par la Butler Academy a donc été largement plus aisée pour moi que pour d’autres étudiants plus néophytes (je ne me rendais pas encore compte à quel point).

Pendant environ un mois et demi, j’ai donc pris un peu de temps chaque jour pour me pencher sur le programme d’enseignement, largement détaillé dans les livrets d’étude. J’en ai aussi profité pour faire une ou deux fois le test proposé, censé reproduire les exigences de l’examen final. Résultat positif, je rejoins donc la capitale serein quant à ma réussite.

Study Pack

Début de la formation et niveau 1

Avant de commencer les enseignements du premier jour, nous rencontrons notre formateur pour la semaine, Jon Christensen. Danois de naissance, Suédois par alliance, ayant travaillé tout autour du globe et – je m’en rendrai vite compte – avec les meilleurs producteurs de vin du monde. Titulaire du diplôme WSET (correspondant au niveau 4), il est également juge certifié au IWSC (International Wine & Spirit Competition) spécialisé dans le vins italiens et éducateur et ambassadeur des vins de la Rioja (Espagne). Ça promet d’être intéressant…

Nous en profitons également pour faire un tour de table de présentation pour que Jon puisse avoir une idée de nos profils. C’est là que je me rends compte que je suis le plus expérimenté des étudiants. Parmi les sept élèves présents, seuls deux ne sont pas inscrits au niveau 2 de la formation. Jon nous propose donc d’aborder les exercices de dégustation qui jalonnent l’enseignement théorique comme nous le ferons dès le lendemain, c’est à dire dans une optique niveau 2.

Le niveau 1 regroupe des connaissances fondamentales du monde du vin, telles que les procédés de vinification, les principaux cépages  et régions viticoles à travers le monde et la méthode de dégustation prônée par le WSET, l’approche systématique. Rien de bien révolutionnaire, il s’agit juste d’une approche se voulant la plus objective possible (on y reviendra, quand même…)

Sur l’ensemble de la journée, nous dégustons une dizaine de vins très divers : rouges, rosés, blancs, majoritairement étrangers (italiens et espagnols entre autres). C’est sans doute l’un des premiers points de difficulté de cette formation, selon moi, d’ailleurs. Sans être un expert (loin de là), j’ai une certaine expérience des dégustations. Je parviens à peu près à remettre à zéro mon palais entre deux verres pour ne pas fausser la seconde dégustations avec les restes de la première. Et pourtant j’ai vraiment eu beaucoup de mal à faire ces resets tout au long de la semaine. Je ne peux donc qu’imaginer la difficulté rencontrée par les néophytes.

L’examen pour le niveau 1 se passe en fin de journée, ce qui permet d’avoir l’essentiel des notions en tête. Très franchement, je m’attendais à quelque chose de plus simple. 30 questions, pas forcément évidentes, sur l’ensemble des points abordés, le tout en 30 minutes de temps. Sans être inquiétant pour moi (encore une fois le niveau 1 était plus une formalité qu’autre chose puisque je bosse dans le domaine), le niveau d’exigence commence à me faire douter de mon objectif pour la suite, à savoir obtenir une mention sur le niveau 2.

Formation niveau 2

Les trois jours suivants sont consacrés à l’apprentissage des notions requises pour l’examen du niveau 2. Après un rapide retour sur l’aspect technique de l’élaboration du vin, nous attaquons ce qui sera l’essentiel du programme à l’étude : les cépages. Nous consacrons deux jours sur les trois prévus pour la formation à l’étude des cépages les plus utilisés dans le monde. Cette partie – bien plus développée qu’au niveau 1 – sera ponctuée de dégustations adaptées.

A chaque niveau de formation WSET correspond une liste de vins/spiritueux devant théoriquement être dégustés. Celle du niveau 2 en comporte (si mes souvenirs sont exacts) trente-cinq. Notre groupe en a testé trente quatre (il nous manquait le mousseux). En trois jours, j’ai tendance à dire que ça fait déjà une bonne moyenne de onze dégustations quotidiennes. Jon nous a même fait la surprise de nous préparer une dégustation à l’aveugle au matin du dernier jour, dont j’ai pu tirer une excellente leçon : le Cornas à 10 heure du matin, c’est un état d’esprit.

Cornas

J’aimerai d’ailleurs revenir sur la dégustation et la méthode préconisée par le WSET. Chaque dégustation s’accompagne d’une analyse écrite (appelée note) et Jon nous a bien prévenu dès les premières minutes de la formation : les notes qu’il nous donne ne sont pas discutables, il s’agit de fait qui ne dépendent pas des préférences/goûts/sensibilités de chacun. Cela aurait déjà de quoi en rebuter quelques uns, mais je comprends l’idée et je suivrai pour le temps de la formation les conseils de Jon : “laissez votre opinion à l’entrée de l’examen, mais n’oubliez surtout pas de la récupérer en sortant”.

Le plus intéressant pour moi dans tout ça reste sans doute la diversité des vins dégustés et l’accent mis sur les vins étrangers. J’ai fait une liste des bouteilles que je me souviens avoir dégustées (vous la trouverez à la fin de l’article) ; sur les 35 inscrits (il doit m’en manquer une demi douzaine que j’ai oublié), 13 seulement sont français. Pour moi qui suis issu de la restauration traditionnelle française, c’est une vraie claque de découvrir autant de vins du monde entier.

C’est à la fin de l’après-midi du dernier jour qu’était prévu l’examen du niveau 2. Cinquante questions en 1h sur l’ensemble du programme. Pour être honnête, j’ai été assez léger sur les révisions (quand on est pas habitué, 2h de métro/RER matin et soir ça détruit toute motivation…). Je suis presque sûr d’avoir validé cet examen, mais il était tout de même plus ardu que je ne le pensais et certains des autres étudiants d’ont pas la même confiance dans les résultats à venir.

En conclusion

La densité de la formation WSET est clairement au dessus de ce à quoi je m’attendais… et c’est une excellente surprise ! D’abord parce que j’ai toujours adoré apprendre toujours plus. Et ensuite parce que ça va me pousser à travailler plus dur encore pour la prochaine étape : le niveau 3 du WSET ! Je recommande vraiment à quiconque souhaite découvrir le monde du vin ou consolider ses connaissances dans le domaine de s’inscrire à l’une de ces formations (promis, je ne suis pas commissionné !). J’ai réellement hâte d’approfondir les connaissances acquises lors de cette semaine, de retrouver pourquoi pas certains de mes co-étudiants et peut-être aussi l’enseignement de Jon (avec qui je n’ai pas manqué de garder contact) pour valider le défi que je me suis lancé au début de l’année. Je vous tiendrai bien évidemment au courant ; rien n’est bloqué, mais j’essaie de planifier ça pour début Décembre ! A suivre donc…

A titre d’exemple, voici la liste (incomplète) des vins dégustés pendant la formation. A cette liste s’ajoutait une dizaines de bouteilles que j’ai malheureusement oublié ainsi qu’un whisky (Talisker Single Malt 25 ans) et un Rhum (Agricole Blanc Damoiseau).

  1. Ramon Bilbao Rioja Reserva (Espagne) 2014
  2. Beaujolais Labouré-Roi 2017
  3. Cornas Les Ruchets J.L. Colombo 2012
  4. Torrontés Alamos (Argentine) 2017
  5. Bosstok Chenin Blanc (Afrique du Sud)
  6. Albarino Senorio de Osuna Rias Baixas (Espagne) 2017
  7. Rioja Lopez de Haro (Espagne)
  8. Viognier Gerard Bertrand 2017
  9. Pinot Grigio (Italie) 2017
  10. Sauvignon Blanc “Hole in the Water” (Nouvelle-Zélande)
  11. Riesling Yalumba Barossa (Australie) 2017
  12. Secret de Famille Jaboulet 2016
  13. Côtes du Rhône Guigal 2015
  14. Gewürstraminer Somontano (Espagne) 2018
  15. Sancerre Reverdy
  16. Cabernet Sauvigon Trapiche (Argentine) 2018
  17. Cabernet Sauvignon Glenelly 2015
  18. Haut-Médoc Cht Miqueu 2012
  19. St-Emilion Grand Cru Cht Pontet-Clauzure 2010
  20. Pinot Noir Cono Sur (Chili) 2017
  21. Pinot Noir Alsace 2016
  22. Tavel Delas 2017
  23. Saint-Véran Drouhin 2017
  24. Chablis 1er Cru 2017
  25. White Zinfandel Woodbridge (USA) 2017
  26. Soave Classico (Italie) 2017
  27. Terroir Series Kaiken (Argentine) 2017
  28. Pinotage Vriesenhof (Afrique du Sud) 2011
  29. Zinfandel Ravens Wood (USA) 2016
  30. Valpolicella Classico (Italie) 2018
  31. Chianti Classico Riserva (Italie) 2012
  32. Shiraz Andrew Pierce (Australie) 2015
  33. Barolo Fontanafredda (Italie) 2014
  34. Riesling Kabinett Spreitzer (Allemagne) 2017
  35. Fortant de France
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Un commentaire

  • Roman Buchta

    Bonjour et merci pour cet article.
    Effectivement c’est génial de participer à un formation
    qui dépasse nos attentes en terme de contenu.
    Il est facile de ne pas prendre conscience de l’ampleur de s connaissances
    d’un sommelier et donc du travail pratique et théorique qu’il est nécessaire de fournir.
    Bravo et excellente continuation 😉

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